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Bodrum

Péninsule de
Bodrum

Egée du nord

 

Fondée par Moustapha Kemal
la République turque est devenue, en 1923, le premier État officiellement laïque du monde musulman 

Alliée à l'Allemagne lors de la première guerre mondiale le traité de Sèvres, signé en 1920, fait payer très cher cet engagement à la Turquie. Elle est  réduite à un territoire restreint autour d'Ankara. Le débarquement des grecs à  Smyre (Izmir), l'année suivante, sonne l'heure de la résistance turque. Elle est menée par un jeune militaire de 38 ans, Moustapha Kémal, qui réussit à repousser l'envahisseur grec et devient le sauveur de son pays.

En 1923 Moustapha Kémal fonde la République. Il est élu Président et le restera jusqu'à sa mort en 1938. Les parlementaires le surnommeront "atatürk", le père des turcs. Ils en feront un héros national encore vénéré aujourd'hui.

Un an après la création de la République les députés mettent fin à 14 siècles de sultanat,  abolissant le Califat. En quelques années la société turque est laïcisée. L'alphabet latin remplace l'alphabet arabe, le dimanche est imposé comme jour de repos tandis que le fez est remplacé par la casquette à visière, les vêtements traditionnels,  le voile et les pantalons bouffants, sont interdits. A Istanbul la mosquée Ste Sophie est transformée en musée et Ankara devient la capitale du pays.

Moustapha Kemal instaure également l'égalité des sexes, interdit la polygamie et dès 1934 donne le droit de vote et d'élection aux femmes... tournant la Turquie vers l'Occident.


En 1960  les démocrates doivent céder le pouvoir aux militaires mais le retrouvent 3 ans plus tard. Retour des militaires en 1980 pour l'adoption d'une nouvelle Constitution suivie d'élections législatives qui en 1982 confirment le retour de la démocratie renforcée par un référendum en 1987.

Depuis les  dernières élections législatives de 2002 l'AKP, le parti de la justice et du développement, descendant des partis islamiques, dispose de la majorité absolue.  Le premier ministre Recep Erdogan et son Gouvernement  poursuivent les reformes et les négociations, quelques fois difficiles, pour accrocher la Turquie à l'Europe.

Mustapha Kemal est mort à Istanbul le 10 novembre 1938 à 9h05. Depuis tous les ans, ce jour là, à 9h05, les turcs respectent une minute de silence.
Son buste ou  son portrait sont explosés  dans tous les lieux publics, sur les monuments, dans les écoles, les commerces ou les maisons et sur les billets de banque
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La fête nationale de la République est célébrée chaque 29 octobre. 

 

 

 

 

 


    La Turquie et l'Europe

 

Dès 1963 un accord d'association est signé avec l'Europe dans la perspective d'une adhésion de la Turquie à la Communauté européenne. Plus de 40 ans après cette adhésion pose encore de nombreux problèmes.

En 1989, considérant que "la situation des droits de l'homme et le respect de l'identité des minorités" n'ont pas encore atteint le niveau nécessaire pour une démocratie, la Commission européenne rend un avis négatif  sur l'adhésion de la Turquie.

En 1995 l'Europe et la Turquie concluent une union douanière; c'est le seul accord de ce genre mais 4 ans plus tard le Conseil européen considère que les conditions politiques et économiques permettant d'envisager des négociations d'adhésion ne sont pas réunies. Il encourage cependant la Turquie à poursuivre énergiquement sont processus de réforme.

En octobre 2004 la Commission européenne estime que la Turquie respecte "suffisamment" les critères démocratiques fixés par l'Union européenne mais émet des réserves concernant les droits des minorités, la liberté de culte, les droits syndicaux, les droits des femmes, le rôle de l'armée, Chypre, les relations avec l'Arménie. Ces réserves reprises par le Parlement européen.

Le 3 octobre 2005 une nouvelle étape est franchie. Les 25 ministres des Affaires étrangères concluent un accord sur le cadre des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Europe mais les avis sont aujourd'hui très partagés sur  son entrée dans la Communauté européenne


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 


    La Turquie et Chypre

 

 

 

 

 

 

 

 

A 75 kms au sud de la Turquie et à 800 kms de la Grèce continentale Chypre est divisée en deux parties depuis 1974. Le sud à majorité grecque et le nord à majorité turque vivent face à face, de chaque côté d'une ligne de démarcation, la ligne verte également  appelée ligne Attila.

C'est en 1571 que Chypre devient turque, jusqu'en 1878 ou elle est vendue à la Grande Bretagne en échange de son soutien diplomatique pendant la guerre russo-turque de 1877. Annexée à l'Empire Britannique  les anglais y imposent leur langue, leurs lois, leur culture, leur mode de vie.

Dès les années 30 les chypriotes grecs réclament le départ des britanniques et en 1960 l'indépendance de Chypre est proclamée.

Grecs et Turcs (très minoritaire avec 18% de la population) se partagent le pouvoir jusqu'en 1963 lorsque les turcs  réclament une partition du pays et se retirent du gouvernement.

En 1974 les militaires au pouvoir en Grèce renversent le Président de Chypre Mgr Makarios III. Jugeant que les intérêts des chypriotes turcs sont alors menacés la Turquie intervient militairement . En deux jours elle occupe la partie nord de l'île et créer la République turque de Chypre du nord  seulement reconnue par Ankara.


 

A la fin du mois de juillet 2005, répondant aux questions de Jean Pierre Elkabach sur Europe 1, le premier ministre Dominique de Villepin avait affirmé que les européens pourraient repousser l'ouverture de négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe si elle refusait de reconnaître la République de Chypre nouvellement entrée dans la Communauté. Le 3 octobre 2005, comme prévu, les ministres européens des Affaires européennes sont cependant parvenus à un accord sur le cadre de ces négociations qui pourront durer 10 à 15 ans.  

 

 


La Turquie et la Grèce


 

 

Grecque sous le nom de Byzance elle devient Constantinople, la plus grande ville de la chrétienté, avant d'être appelée Istanbul après sa conquête par les Ottomans. L'histoire de cette ville résume celle  de la Turquie marquée par ses conflits avec la Grèce, entre chrétienté et islam. 

Six siècles avant notre ère Byzas, un marin aventurier grec  construit Byzance autour du port de la Corne d'Or. Neuf cents ans plus tard, en 324, l'empereur Constantinus la renomme Constantinople. Avec son million d'habitants c'est la nouvelle Rome jusqu'en 1453 lorsque Mehmed II le conquérant lui impose les lois ottomanes, transformant Ste Sophie en mosquée.

Istanbul impose désormais sa loi à son voisin grec qui restera sous domination de l'Empire ottoman jusqu'à la guerre des Balkans. Les turcs sont  repoussés de Grèce en 1913.

L'histoire bascule une nouvelle fois avec la guerre de 14-18. La Grèce est engagée aux côtés des alliés qui, en cas de victoire, ont promis de lui attribuer une partie de la Turquie qui fait alliance avec les allemands.

En 1919 les grecs débarquent et occupent Smyre (Izmir) ou vit  une importante communauté grecque. La Grèce veut développer cette occupation et regrouper ses communautés au sein d’un vaste État retrouvant Constantinople pour capitale.
La Turquie est ainsi réduite à un petit territoire autour d'Ankara mais deux ans plus tard elle repousse les grecs. Plus d'un million d'entre eux  doivent quitter la Turquie tandis que  350.000 turcs sont chassés de Grèce.

La Turquie retrouve alors ses frontières  mais sa souveraineté est limitée aux îles situées à l’intérieur d’une zone de 3 milles de la côte turque (environ 5,5 kms)

 

yvon lachèvre (c) 2009
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Seules les îles à moins de 3 miles de ses côtes sont turques (environ 5,5 kms). La Grèce est donc toute proche et n'autorise pas les turcs à pénétrer dans ses eaux territoriales.

Tous les bateaux turcs portent ainsi bien visible leur drapeau national pour se signaler aux autorités grecques qui n'acceptent pas d'intrusions dans leurs eaux nationales.