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Thon Tropical  

Les débuts en Afrique - Les années 55-58 - L'Océan Indien

 
 
 

Thoniers bretons de Concarneau
et
pirates de Somalie

 

 

Le Nivose fait le plein de pirates

 

Jeudi 11 mars 2010 - La frégate française Nivôse qui participe à l’opération européenne Atalante a fait le plein de pirates « présumés » selon la formule légale qui s’applique tant qu’ils n’ont pas été jugés et éventuellement condamnés. Ils sont donc 35 pirates a avoir été interceptés en moins d’une semaine.

La frégate Nivose


Les premiers, le vendredi 5 mars, en utilisant des échelles de corde, ils tentaient de prendre d’assaut le navire hydro-océanographique Beautemps-Beaupré de la Marine Nationale à 180 miles dans l’est de Mogadiscio. A l’arrivée de la frégate Nivôse les pirates ont jeté par dessus bord tout ce qui pouvait être compromettant. Dans le skiff saisi restait cependant un lance-roquette, des futs d’essence, des grappins... 11 hommes ont été fait prisonniers tandis qu’un skiff et un bateau mère étaient coulés.

un skiff et son "ravitaillement" en essence

Ce même vendredi 11 autres pirates étaient interceptés et le lendemain 6 mars nouvelle prise. Au total 35 pirates dont il semble qu’on ne sache pas très bien que faire n’ayant pas été pris en flagrant délit. "C'est d'ailleurs pour cette raison qu'à chaque fois, un skiff a été gardé intact : pour pouvoir remettre les intéressés à l'eau en bordure des côtes somaliennes"!

 

Mercredi 10 mars 2010 - Tandis que le Torre Giulia arrivait aux Seychelles avec ses pirates « prisonniers » (lire ci-dessous) en Bretagne, devant Belle Ile, les militaires procédaient à un exercice de libération d’otages. Le Télégramme qui rend compte de cette intervention précise que le navire école, la goélette Etoile, joue le rôle de cible pour les pirates tandis que des forces spéciales et leurs canots rapides d’intervention sont associés au scénario.

L’état major de la Marine n’a pas communiqué sur cette opération qui s‘inspire de la libération des otages du Ponant en avril 2009. Dans le même esprit depuis le début de l’année le Ministre de la Défense Hervé Morin n’a fait aucune déclaration sur le maintien des commandos de marine à bord des thoniers. La discrétion est également la règle aux Seychelles lors du départ des thoniers pour leurs campagnes. Ces thoniers auraient par ailleurs rendus en partie inactif leur système de localisation par satellite afin d’être plus difficilement repérables. "Ils savent qui part. Ils ont des informations qui circulent" avait déclaré le patron du Drennec Patrick Héliès après l'attaque de son thonier.

 

Le Talenduic défendu par le Torre Giulia et le Trévignon

Vendredi 5 mars 2010 -  Le Talenduic de la Cobrepêche, géré par l’armement concarnois CMB a été la cible de pirates somaliens vendredi 5 mars 2010, au large des côtes du Kenya. Le thonier était en pêche lorsqu’il a repéré trois bateaux suspects. Ne pouvant manœuvrer avec sa senne à l’eau il a demandé le secours de deux autres thoniers qui naviguaient dans la même zone, le Torre Giulia et le Trévignon gérés par la Cobrecaf. Les commandos de marine embarqués ont repoussé l’attaque.

Au cours de cette attaque une des vedettes a chaviré ainsi que le bateau mère des pirates, en percutant le Trévignon. "Six hommes ont été recueillis à bord du Torre Giulia" a précisé l’Etat Major des Armées. Le thonier a aussitôt mis en route vers les Seychelles, avec ses "prisonniers" 

 

  Dans cette même zone, la veille, les pirates ont également tenté de s’emparer du thonier espagnol Albacan. Ses armateurs ont précisé que l'attaque de leur bateau avait donné lieu à une fusillade, à un tir de roquettes de faible portée occasionnant un début d'incendie à bord.
 

Le Trévignon (ci dessus) et le Torre Giulia ont été construit à Concarneau par les Chantiers Piriou mais les coques ont été assemblées en Pologne et remorquées jusqu'au port cornouaillais. Le Torre Giulia géré par la COBRECAF appartient à un armement italien, avec pour port d'attache Bari, mais depuis le début de 2010 il est immatriculé en France pour pouvoir également bénéficier de la présence à son bord de commandos de marine français.

 

 

Pirates et commandos
Patrick Forestier

Editions du Rocher

- 232 pages
- 18.00 €

Enquête et récit de voyage, l'histoire amène au pays des pirates, le Puntland, en Somalie. Des pirates ont tenté de capturer le journaliste en lui tendant une embuscade. Le Golfe d'Aden et la route du Canal de Suez sont devenus la mer de tous les dangers. Le journaliste traite de leur façon de procéder, de la négociation d'une rançon, des commandos libérant des otages, des repaires des pirates

 

Dimanche 29 novembre 2009 - A 5h37 heure locale le thonier basque Ortube Berria a été attaqué par des pirates à 230 milles dans le sud ouest des Seychelles à hauteur du Kenya. Embarqués sur deux vedettes rapides 10 pirates ont tiré avec des armes légères et lancé une grenade sur le thonier espagnol. L’équipe de sécurité a aussitôt répliqué faisant fuir les attaquants après 30 minutes de poursuite.

Le gouvernement espagnol refusait que des militaires embarquent sur les thoniers parce que la législation espagnole interdit à la force publique de protéger des intérêts privés et que, par ailleurs,  l'armée n'en avait pas la capacité opérationnelle. Depuis le 13 novembre 2009 ce sont des gardes privés, une cinquantaine, équipés de mitraillettes et de fusils à longue portée qui assurent la défense des 13 thoniers espagnols contre les attaques des pirates. Ce service de sécurité coûterait aux armateurs 70.000 euros par mois et par bateau

Le gouvernement de Madrid a parallèlement décidé de durcir la législation contre les actes de piraterie, en créant un nouveau "délit de piraterie". Des peines jusqu’à 15 ans de prison pourront désormais être prononcées.

   
Libération du thonier espagnol Alakrana
 
 

Mardi 17 novembre 2009 - Après 1 mois et demi de rétention les 36 marins du thonier espagnol Alakrana ont été libéré le 17 novembre et ont rejoint les Seychelles avec leur bateau. Le 2 octobre 2009 le capitaine du thonier armé à Berméo en Pays basque espagnol avait eu seulement le temps de lancer une alerte radio « attaque de pirates » et de donner sa position avant que tous ses équipements électroniques soient éteints. L’Alakrana naviguait entre la Somalie et les Seychelles par 2 degré 40 de latitude Sud et 49 degré de longitude Est. Quelques heures plus tard un avion Orion de la mission Atalante observait deux pirates armés de fusils sur le pont du navire. Deux jours plus tard 2 pirates soupçonnés d’avoir participé à cette prise d’otages était  arrêtés et emprisonnés en Espagne ou ils devraient être jugés.

Peu avant la libération du thonier et de son équipage un pirate somalien a déclaré avoir obtenu l’assurance des autorités espagnoles que ses «deux collègues» retrouveraient la Somalie après leur procès en Espagne ajoutant qu‘une rançon de 4 millions de dollars aurait par ailleurs été payée par l’Espagne. Le versement de cette rançon aurait été salué dans une ambiance festive à Harardhere, village côtier somalien, où le thonier était retenu.

 

Samedi 13 novembre 2009 - La frégate Floréal a arrêté 12 pirates qui naviguaient dans une zone ou plusieurs tentatives d’abordage ont été signalées au cours des dernières semaines. La frégate française engagée dans le cadre européen de l’opération Atalante a repéré 3 petites vedettes à 60 milles dans le NE de l’archipel des Seychelles, donc très loin des côtes somaliennes, et a décidé de procéder à un contrôle. Des armes et des munitions auraient été découvert à bord. Les 12 hommes ont été interpellés et embarqués sur le bateau militaire.

 
10 novembre 2009 - La section marine de la CFDT Bretagne a réuni à Concarneau une cinquantaine d’adhérents et épouses de pêcheurs. A l’ordre du jour le métier de pêcheur de thon tropical et les nouveaux risques posés par les pirates. Sylvie Le Roux secrétaire régionale du Syndicat s’ est dit opposée à toute forme de prime de risque mais les contrats de travail doivent évoluer en conséquence. La CFDT réclame par ailleurs des compensations en terme de salaire, avec un relèvement des minimums garantis ou de congés et une clarification sur les assurances.

«Nous encourageons les marins à faire des déclarations d'accident de travail, comme un employé de banque le fait après un hold-up« 

 

L'Avel Vad menacé


1er novembre 2009 - Quelques jours seulement après la confirmation par le ministre français de la Défense Hervé Morin que des militaires resteraient embarqués sur les thoniers bretons en pêche dans l’Océan Indien une nouvelle attaque de pirates somalien a visé samedi 1er novembre le thonier concarnois Avel Vad. Les militaires ont tiré et les pirates ont fait demi tour.

L’attaque s’est produite à 650 Kms des côtes somaliennes, à mi chemin entre la Somalie et les Seychelles, samedi à 7h30 tandis que l’Avel Vad - 67m, armement CMB de Concarneau travaillait dans cette zone avec le Trévignon, autre thonier concarnois, armement Cobrecaf. Les pêcheurs avaient repéré un bateau-mère de pirates et au lever du soleil une vedette rapide se dirigeait vers l’Avel Vad, « avec une attitude agressive"  selon l‘Etat Major des Armées. Les militaires embarqués tiraient des artifices et quelques coups de sommations faisant fuir les pirates.


L'Avel Vad entrant dans le port de Concarneau

   

 

Cap St Vincent attaqué en plein jour

Mercredi 28 octobre 2009 - Le Cap St Vincent, 67m,  (GIE France Thon géré par CMB de Concarneau) s’est défendu contre l’attaque de pirates en faisant usage de ses armes. L’attaque a été menée en pleine journée, contrairement aux habitudes des pirates d’attaquer au lever du jour ou au coucher du soleil. Malgré des tirs de semonce ils ont continué à s’approcher du thonier concarnois mais ont fait demi tour dès que les militaires embarqués ont tiré à plusieurs reprises en direction de leur vedette rapide. Les fusiliers marins ont reçu l’ordre de tirer sur les assaillants avant qu’ils n’arrivent à portées de leurs armes.

Le Cap St Vincent

photo JM Robert


Quelques heures après avoir menacé le Cap Saint Vincent les 7 pirates repérés et pris en chasse par un hélicoptère espagnol ont été arrêtés par la frégate allemande Karlsruhe. Les 2 vedettes étaient vides le matériel ayant été jeté par dessus bord.
Arrivés sur les lieux de l'arrestation les marins du thonier ont pu identifier les pirates qui ont été transférés au Kenya ou ils devraient être jugés

 

Onze pirates capturés

Samedi 10 octobre 2009 - Le Topaze, garde-côtes des Seychelles, qui patrouillait dans la zone ou le Glénan et le Drennec ont été attaqué a localisé le bateau mère des pirates qui a également été survolé par un avion militaire de surveillance. Le Topaze a ensuite réussi à arraisonné le bateau somalien et a capturé onze pirates tandis qu‘une petite vedette réussissait à prendre la fuite.

 

Le Glénan et le Drennec attaqués - Les militaires repoussent les pirates

Vendredi 9 octobre 2009 - Dans la nuit du 9 au 10 octobre  2 thoniers de l'armement Cobrepêche-CMB,  le Glénan et le Drennec  ont été la cible des pirates loin des côtes somaliennes à 195 milles au nord de l'archipel des Seychelles. Dès que les skiffs ont été repérés l'équipage a été mis en sécurité "dans un endroit inaccessible à quelque tir que ce soit" Un pêcheur du thonier a précisé qu'il s'agissait de  : "trois petites vedettes d'environ quatre mètres, presqu'invisibles et que nous avons eues au radar au dernier moment"

Les pirates ont été repoussés par les commandos de l'école des fusiliers marins et commandos de Lorient. C'est une  première  depuis qu'ils sont embarqués à bord des thoniers français.  Ils ont d'abord tiré des artifices éclairants puis des tirs d'intimidation en l'air et devant l'étrave des bateaux. Les pirates ont répondu en ouvrant le feu sans doute à la Kalachnikov. Les militaires ont alors tiré  sur les vedettes qui ont immédiatement  fait demi tour. Ils auraient rejoint leur bateau mère le Win Far ex palangrier asiatique de 30m surveillé depuis plusieurs mois alors qu'il était au mouillage près des côtes somaliennes.  Pris en chasse il a été arraisonné quelques heures plus tard par le Topaze un navire des garde-côtes seychellois.



Yves L'Helgouach  représentant CGT des marins à Concarneau qui était septique sur l'embarquement des militaires a été convaincu par cette opération "un choix qui s'avère  finalement payant". C'est également l'avis de Jean Yves Labbé président de l'armement CMB qui a déclaré que "l'efficacité du dispositif  qui a été mis en place est totale".

 
   

Le Glénan - photo JM Robert

 

Des militaires embarqués  

L' armée française participent également à des opérations anti-piraterie au large de la Somalie, notamment l'opération européenne Atalante déclenchée en décembre 2008 sous l'impulsion de la France et l'Espagne.

Atalante vise à protéger les navires du Programme alimentaire mondial (Pam) qui acheminent l'aide alimentaire aux populations déplacées de Somalie et les navires vulnérables qui naviguent au large de ce pays par des actions de dissuasion, de prévention et de répression.

Des unités navales français patrouillent dans la zone et escortent des convois de navires commerciaux. Des militaires français ont également dans ce cadre été embarqués à bord de certains navires, notamment du Pam.

6 juillet 2009 - Au début du mois de juillet 2009, faisant suite aux demandes répétées des armements français relayées par celle de l’Union Européenne, les militaires annoncent la participation de la Marine Nationale à la protection des thoniers français opérant dans l’Océan Indien.

L'accord a été donné car il s'agit d'une "activité économique française, menée par des bateaux sous pavillon français, qui ne pouvait être ni reportée ni déplacée et qu'il n'y a pas d'autre possibilité sécuritaire". Une soixantaine de fusiliers marins embarqueront sur la dizaine de thoniers fréquentant le Golfe d’Aden de la fin juillet à la fin octobre. Cet accord prévoit une participation financière des armements pour couvrir une partie du surcoût de cette opération.

 

 

 

Le Drennec
attaqué au lance-roquettes

       

        Les pêcheurs réclament l'aide des militaires

Yvon Riva, président d’Orhongel organisation des producteurs de thons congelés demande au gouvernement français d’assurer une véritable assistance à la flotte thonière qui doit faire face à une piraterie très organisée agissant désormais loin de ses bases somaliennes à partir de « bateaux mères ». La CGT des marins du grand Ouest exige de son côté « que l'Etat français mette dans les plus brefs délais à la disposition de la Marine nationale tous les moyens nécessaires pour protéger nos marins nationaux, nos navires et tous les navires ayant un lien avec un armateur français ».

Interpellé Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, demande au Premier Ministre François Fillon une réunion interministérielle d’urgence au sujet de la piraterie maritime.

13 septembre 2008 - A bord de 2 vedettes hors-bords des pirates ont tenté d'embarquer à bord du thonier concarnois par la plage arrière, à 420 miles des côtes. Dans des conditions météo difficiles, vent 3 à 4 beaufort, mer agitée par un fort clapot, le patron Patrick Hélies a fait route face au vent en faisant des zigzags. Ne pouvant suivre l'allure les pirates ont alors tiré quatre roquettes la première frôlant le nid de pie du thonier. Deux roquettes sont passées au dessus du pont et la dernière a échoué sur le bateau sans exploser. Les concarnois l’ont photographiée avant de la jeter à la mer.

Suite à cette attaque tous les thoniers arrêtaient la pêche et faisaient route vers le port de Mahé aux Seychelles ou ils sont basés. Quarante thoniers senneurs, français et espagnols, pêchent l'albacore dans l'Océan Indien

     
   

photo JM Robert

   
   


Le Drennec -
85m - 25 hommes d'équipage

 

 

28 septembre 2007 - Un filet pris dans l'hélice le thonier senneur Takamaka de la SAPMER (ex Kersaint de Coëtmenpren de la COBRECAF) qui dérivait 200 miles devant les côtes somaliennes  a demandé assistance craignant de devenir la cible des pirates. La Marine Nationale ne disposant d'aucun navire dans les parages  un destroyer de l'US Navy, l'USS Stout est intervenu pour assister le thonier.  Pris en remorque par le Titan (ex Huon de Kermadec de la COBRECAF) l'autre thonier de la SAPMER. En convoi ils ont rejoint les Seychelles.

Le navire américain est intervenu au sein de la TF 150 la force maritime internationale chargée de la lutte contre le terrorisme et les trafics au nord de l'océan Indien. Le Takamaka a depuis été revendu à un armement Equatorien

 

Lachèvre Yvon (c) 2010

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