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LES ILES GLENAN
 

Le maërl des Glénan

 

   

 

Des îlots
de
sable blanc

 

 

A Concarneau on se souvient de ces grands tas de sable blanc et de maërl qui encore au début des années 70 encombraient le quai Pénéroff face à la Ville close. Sur ces petites montagnes de "grossil" comme on les appelait, les enfants et les plus grands y récupéraient coquilles Saint Jacques, praires, palourdes roses et oursins qui piquaient les doigts. Chaque année le Syndicat d'Initiative, lors de son Assemblée Générale, dénonçait ces dépôts disgracieux portant atteinte au développement du tourisme. Personne ne les mettaient en cause demandant simplement qu'on les déplacent dans l'arrière port à l'abri des regards des touristes. Depuis les pouvoirs publics ont été interpellés car ces extractions nuiraient à l'environnement de l'archipel. 

Dès la fin du 18ème siècle le propriétaire des îles, Alain de Kernafflen, s'était intéressé à ce maërl d'une belle couleur rouge qu'il perd d'ailleurs aussitôt sorti de la mer. Dans des fours, en le chauffant, il voulait le transformer en chaux mais son projet n'aboutira pas. 

Quelques années plus tard, début du 19ème, pour satisfaire la demande des agriculteurs qui veulent amender leurs terres la pêche au maërl est autorisée, réservée aux inscrits maritimes. Avant la basse mer les chaloupes sont échouées sur la grève. A la pelle les deux hommes du bord forment des tas  tout autour du bateau avant de les embarquer. Dès 1930 les armements   équipent leurs sabliers de bennes permettant de travailler à toute heure, sous la mer, sans avoir à s'échouer.  Quarante ans plus tard des suceuses ont remplacé les bennes. 

Trop performantes accuse en particulier l'association Bretagne Vivante qui craint pour l'environnement de l'archipel car le maërl a une croissance très lente, environ un millimètre par an, or les bancs de maërl constituent un habitat naturel très riche pour toutes sortes de micro algues. C'est l'un des plus riches sur le plan de la biodiversité. Il participe à l'ensemencement de la baie de Concarneau et de l'archipel pour de nombreuses espèces à forte valeur marchande (coquilles Saint Jacques, praires, palourdes, bars, dorades, turbots...) recherchées par de nombreux pêcheurs professionnels du sud Finistère.

A ces arguments les professionnels de l'extraction et de la transformation travaillant dans l'archipel  ont mis en valeur les qualités du maërl dans le traitement de l'eau. En France 50 départements ont ainsi recours au maërl des Glénan pour rendre l'eau potable ou pour le traitement dans les stations d‘épuration. Mais cet "or blanc" est également réclamé pour les amendements et la fabrication de nombreux produits cosmétiques, dans l‘alimentation, dans les litières pour chat ... 

 


En Bretagne le maërl des Glénan représente aujourd’hui moins de 10% des 500.000 tonnes produites chaque année essentiellement dans les Côtes d’Armor, à Paimpol, Erquy et dans le chenal du Trieux

En octobre 2005, par décret, l'État a accordé une dernière concession aux sabliers, pour les seuls besoins du traitement des eaux, dans une zone de 50 hectares. Les deux dernières sociétés titulaires de cette concession des Glénan ont été autorisées à extraire 45.000 tonnes de maërl en 2007 et 2008 et seulement 20.000 en 2009 avant la fermeture définitive du site en 2011

Cette interdiction d'extraction du maërl des Glénan prend effet au mois d'octobre 2011.

 

Lachèvre yvon (c) 2011