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LA
PECHE à la SARDINE
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| Nicolas Appert | Pour se réfugier en Espagne le Cardinal de Retz avait quitté Belle Ile en 1654 dans un bateau chargé de sardines et on fait quelques fois remonter l’histoire de la sardine au milieu de ce 17ème siècle. A cette époque les habitants s'adonnent effectivement à cette pêche et font grand commerce de la sardine les transportant en Espagne et autres royaumes étrangers, mais cette activité dure sans doute depuis très longtemps. Un siècle plus tôt, par exemple, le port de Nantes, accueille quarante et un navires de Penmarch, onze d'Audierne, quatre de Pouldavid, chargés de poissons séchés et de sardines. En 14O8 la sardine est ainsi déjà exportée du port de Quimper. Les bateaux la transportant reviennent chargés de sel du Croisic ou de Noirmoutier, tandis que d'autres, descendus plus sud, chargent du vin à Bordeaux, à l'île d'Yeu ou à l'Ile de Ré.A l'époque on parle peu cependant de ce petit poisson argenté car il n'est pas bien en Cour. Après cinq ou six jours de voyage il a perdu le meilleur et on lui préfère dauphins, esturgeons, saumons ou truites, tous classés poissons royaux . Pour leur chair ferme et délicate les perdrix des mers (les soles) et le faisan (le turbot) sont également appréciés dans le Royaume. |
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Au début du XVIIème siècle, Audierne est un des ports les plus célèbres de Cornouaille. On y voit régulièrement jusqu'à 2OO navires. Concarneau, en 1636, compte trente quatre maisons dans la ville close, 126 dans les faubourgs et seulement 5OO habitants mais bientôt ils seront trois fois plus nombreux tandis que Douarnenez, village boueux et mal loti, se prépare à accueillir 4OO chaloupes. Désormais, comme disent les spécialistes, il y aura corrélation directe entre l'accroissement ou la diminution du nombre d’habitants et l'état de prospérité ou de crise de la pêche à la sardine. Q uelques beaux manoirs témoignent des périodes de prospérité. Kervénargan, Kérazan, Tréfrest, les églises d'Audierne, de Beuzec Cap Sizun, de la Joie en Penmarch, de Clohars Fouesnant, celle de Ploaré, ancienne paroisse de Douarnenez ou, sur quelques pierres, sont sculptées des sardines survolées par un goéland.Au milieu du 18ème siècle, du Conquet au Croisic, 15OO chaloupes montées par 6OOO matelots, 159O mousses et 8OO novices se consacrent à la capture de la sardine. Plus de quinze mille personnes en vivent directement, sans compter les fabricants de paniers, de filets, de tonneaux, ni ceux qui transportent les merrains, le sel, la rogue, le chanvre... |
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En 1795 les relations entre la France et l'Angleterre sont une nouvelle fois tendues et on s'attend à une levée en masse des marins. Ils se font très discrets mais rien n'échappe au commandant d'armes de Lorient. Du haut de la tour de 36m, à l'entrée du port, il surveille la mer. Tous les jours, de Quiberon à Concarneau, je vois plus de 15OO bateaux-pêcheurs à voiles. Chacun d'eux a 5 à 1O hommes à bord. Qu'est ce qui empêche de prendre deux, trois, quatre, cinq hommes sur chacun d'eux? Sitôt dit, sitôt fait et une fois encore la sardine perd ses hommes. Il en sera ainsi tant que la guerre se fera sur les océans. Les pêcheurs sont les bienvenus car on sait qu'au moment de l’attaque ils n’auront pas le mal de mer! |
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