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La sucrerie d'Essaouira  

 
 
 

A la fin du XVI siècle la dynastie Saâdienne descendant du Prophète est au pouvoir. Le sultan Ahmed El Mansour est surnommé « Ed Dehdi » : le doré depuis qu’il a envahi le Soudane (en arabe : le pays des noirs) regroupant les pays au sud du Sahara. De cette expédition il a ramené de l’or et des milliers d’esclaves qui seront exploités à la construction de superbes palais, en particulier à Marrakech, et à l’exploitation des sucreries dont celle d’Essaouira.

Cette sucrerie était installée sur la commune berbère de Ida Ou Gourd le long de l’oued qu’on appela Ksob, la rivière de la canne. Il se jette dans la mer au bout de la plage d’Essaouira. L’eau de l’oued mais également celle de la source chaude d’Irghane servait à l’arrosage des plantations. Elle était distribuée aux planteurs par des seguias formant un réseau de distribution à ciel ouvert de 25 kilomètres.

Sur place des fours permettaient la fabrication de moules en terre cuite dans chacun desquels étaient conservés 5 kilos de sucre. Par terre on trouve encore de nombreux morceaux de ces moules. Le sucre était ainsi échangé en Italie, kilo pour kilo, contre du marbre de Carrare servant à la décoration des palais marocains.

La sucrerie a été exploitée régulièrement de 1578 à 1603 date de la mort du sultan.

Histoires et légende

On fixe la fin de la sucrerie en 1603 parce qu’après la mort du sultan Hamed El Mansour ses fils se seraient déchirés pour lui succéder ou que les esclaves se seraient révoltés à moins, comme le dit la légende, qu’un saint ...

Avant le sucre, le long de l’oued Ksob, on récoltait le miel mais les abeilles perturbaient la culture des cannes en se nourrissant de leurs fleurs. On les supprima donc. C’était sans compter sur un saint, Aïssa, qui exigeât la fermeture de la sucrerie avant de délivrer un des fils du sultan qu'une vipère enroulée autour de son cou menaçait de mort certaine… et depuis arganiers et abeilles font très bon ménage.

Le long de l’oued on raconte aussi une autre histoire. Il y a quelques dizaines d’années des français (1) sont venus sur le terrain de la sucrerie avec « des détecteurs de métaux ». Certainement pas pour y trouver du sucre…peut être alors des pièces d’or contenus dans des pots en terre cuite…
(1) à cette époque étaient français tous ceux qui n'étaient pas musulmans.

Peu à peu les arganiers ont remplacé la canne à sucre

 
L'aqueduc de Mogador
alimentant les plantations de cannes à sucre
 
 

Les murs en pisé plus de 4 siècles après leur construction