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essamog.fr
Ile Mogador |
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Les premières fouilles archéologiques effectuées sur l’île Mogador à partir de 1950 ont permis de retrouver de nombreuses traces (restes d’amphores, de céramiques, pièces de monnaies…) permettant de situer la première occupation de l’île à l’époque phénicienne, milieu du VIIème siècle - début du VIème siècle avant J.C. Il s’agit du site phénicien le plus éloigné à l'ouest de la Méditerranée. Il servait d’escale sur la route de l’Afrique noire. Les fouilles ont également permis de déterminer qu’après le passage des grecs les romains vont pour la première fois occuper Mogador de façon permanente à la fin du premier siècle avant J.C. Ils vont y créer des fabriques pour extraire la pourpre du murex, un coquillage que l’on trouvait en abondance sur ces îles auxquelles on donna alors le nom d’îles Purpuraires. |
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Après macération dans l'eau de mer pendant 3 jours puis ébullition suivie d’une exposition au soleil, sous l'influence de la "purpurase", un ferment soluble, le colorant secrété par les glandes du murex initialement jaunâtre, virent d'abord au vert, puis au bleu, au rouge foncé et finalement à la "pourpre". Près de dix mille de ces mollusques était nécessaire pour en extraire un gramme. |
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| Les romains quittent l’île vers la fin du 3e siècle et il semble qu’elle ait alors été abandonnée pendant plusieurs siècles. | ||||
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Quelques siècles après le départ des romains les Européens s’intéressent à nouveau à l’île Mogador car sa situation est désormais considérée comme stratégique pour contrôler les côtes du nord de l’Afrique atlantique par ces pays qui ont soif d’expansion et de richesses. |
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Pour assurer la sécurité de ses bâteaux qui mouillent à l’abri de Mogador le roi du Portugal, en 1506, fait construire un fort, à terre face à l‘île, là ou vraisemblablement quelques années plus tard on construira la skala du port. Cent vingt ans plus tard, en 1626, le cardinal de Richelieu, pour la France, demande au Chevalier Isaac de Rasily d’occuper l’île mais l’affaire n’aura pas de suite car la position semble trop difficile à tenir. Viendront également les espagnols avant que le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah décide de faire de Mogador le grand port de son territoire, au milieu du 18ème siècle. |
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Sidi Mohamed Ben Abdallah ne tarda pas à punir le rebelle et à le faire prisonnier. "Faites lui un bonnet de fer et un gilet de fer et ne lui donnez qu’un pain par jour" ordonna le Sultan demandant qu‘on rassemble toutes les marchandises se trouvant dans le port et "que les vaisseaux chrétiens les portent à Mogador" Sidi Mohamed Ben Abdallah commanda également aux chrétiens des mortiers, des canons, de la poudre "je vous donnerai ce que j‘ai en blé, huiles, laine et tout ce que vous désirerez" Les autorités musulmanes reprochèrent au Sultan d’affaiblir les musulmans avec ce commerce et il leur répondit "il faut sacrifier une ou deux ou trois années jusqu’à ce que les chrétiens m’aient approvisionné de canons, de poudre et tout ce qu’il me faut. Je placerai ces engins dans les villes maritimes pour combattre les infidèles lorsqu’ils arriveront" (extraits du rapport de Sidi Brahim de Massat, dans le Sous - 1882) |
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La prise de Mogador |
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Au début du
19ème siècle l’intervention de la France en Algérie va détériorer
les relations franco-marocaine, jusqu’à la guerre. Mis en demeure
d’expulser Abd el Kader « révolté » algérien qui s’est réfugié à la
frontière entre les deux pays, le Maroc décide de soutenir les
musulmans d’Algérie contre l’invasion chrétienne. La France y trouve
prétexte à une intervention militaire et après avoir bombardé
Tanger, quelques jours plus tard, le 14 août 1844, c’est au tour de
l’île Mogador d’être prise sous le feu des canons des vaisseaux
français placés sous le commandement de l’amiral Prince de
Joinville. |
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| Lorsqu’ils se déplaçaient en caravane à dos de dromadaires la durée du voyage pour rejoindre la Mecque et en revenir faisait office de quarantaine ambulante et le temps luttait efficacement contre les épidémies. Au milieu du 19ème siècle le bateau plus rapide avait pris le relais et pour éviter la propagation d’épidémies de peste, de choléra, de typhus …il était nécessaire de consigner les pèlerins quelques semaines à leur retour. L’île de Mogador avait été choisie comme étant l’endroit le plus isolé et le mieux approprié de la côte marocaine mais certains témoins de l’époque affirmeront que le lazaret n’existe pas véritablement "car on ne peut pas donner ce nom à un rocher sur lequel sont installées une centaine de tentes pour recevoir plusieurs centaines de personnes". Quoiqu’il en soit à partir de 1874 il est décidé : "tous les bâtiments arrivant dans les ports du Maroc avec des passagers destinés pour ce pays, provenant des ports du Levant à l’est de l’Algérie, seront obligés de quitter immédiatement le port et de se diriger à l’île de Mogador, pour y débarquer leurs passagers, lesquels subiront dans l’île une quarantaine de dix jours pleins. A l’expiration de ce terme une visite aura lieu et la quarantaine sera prolongée s’il est jugé nécessaire.
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