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découverte d'Essaouira

 

 

Le cinéma Scala créé à Essaouira par un juif M. Kakon, face aux remparts, était « un vrai petit bijou ». Au rez de chaussée les fauteuils les moins chers avec des sièges en bois dur et derrière les loges avec entrée particulière, coussins et petite lumière, mais beaucoup plus cher, 1,40 dirham. A l’étage le balcon auquel on accédait par un escalier situé dans le hall. En haut c’était pour les amoureux se souvient un souiri.

Deux films différents étaient programmés chaque semaine. Les acteurs de lépoque s’appelaient Humphrey Bogard, Errol Flin, James Steward, Jean Gabin, Fernandel. Beaucoup de films français. Et des westerns. En 1962 un film algérien parlant de la résistance algérienne battra des records d’audience. Complet toute la semaine. Le vendredi, en matinée, c’était la journée des femmes. Salle comble particulièrement pour les films égyptiens, en arabe, ou les chanteurs étaient très appréciés.

  Rue de la skala


A l’entracte on se retrouvait au bar dans le hall. Jusqu’à l’indépendance on y buvait de la limonade mais aussi de l’alcool. A la boutique on pouvait acheter des caramels, des chewing-gum ou des cacahuettes. Dehors, juste à côté de l’entrée du cinéma Scala, des boutiques vendaient des sandwichs avec du poisson ou de la patate en petites galettes trempées dans l’œuf et fritées dans l’huile. Quand tu vas au cinéma il faut te débrouiller pour acheter le billet mais aussi le casse croute. Le casse croute il est obligatoire


Maurice Kakon, le fils du premier propriétaire a écrit cet émouvant poème diffusé sur le site www.darnna.com   (extrait)

Que reste-il du Cinéma Skala,
De l'Hotel Beau Rivage place Du Chayla ?
Le temps passé a jauni nos souvenirs,
Les larmes de l'exil sont les mots pour le dire.

Frères du mellah, juifs errants,
Loin de nous, exclus de nos rêves d'enfants,
se tenant par la main ils quittèrent la ville,
Des autocars les attendaient en longues files.

Aouicha la folle et Dalia son époux,
N'avaient pour richesse que leur amour fou.
Ames spoliées, mémoire saccagée,
Ils déambulaient pieds nus dans la cité.

Simy au cinéma était ouvreuse,
Son âme était pure et généreuse.
Sa peau de satin, ses lèvres sucrées,
Simy la beauté ignorée.

Fille de rien venue du néant,
Simy la douce au regard d'enfant
Quitta un soir son mellah discrètement,
Et s'évapora dans le flot des émigrants.


(c) lachevre yvon - 2010

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