|
|
essamog.fr
|
|
|
Depuis toujours avec les fruits des arganiers les femmes berbères extraient de l’huile pour la cuisine mais également pour les soins du corps. La peau de leurs visages, leurs cheveux, leurs mains montrent les bienfaits de cette huile exceptionnelle mais c'est seulement depuis une vingtaine d'années qu'elle est devenue le nouvel or du Maroc.
Un hectare
peut produire jusqu’à 40 litres d’huile d’argan. On estime qu’il
faut environ 20 heures de travail pour extraire un litre d‘huile. Il
faut d’abord écraser la pulpe pour dégager le noyau qui séché au
soleil est concassé à la main, avec un caillou, pour récupérer les
amendons, jusqu‘à 3 par fruit. Dans une meule en pierre tournée à la
main la femme va broyer ces amendons obtenant une pâte foncée qui
sera, toujours à la main, pressée pour faire sortir l'huile au
goût de noisette si particulier. |
|
||
|
|
|||
| De la taille de grosses olives les fruits des arganiers deviennent jaunes lorsqu'ils sont mûrs à la fin de l'été et tombent au pied des arbres | |||
|
Les amendons récupérés à la main |
|||
|
Jusqu’au début des années 90 l’huile d’argan restait d’un usage domestique mais dès 1996 avec la création de la première coopérative à Tafdna près d’Essaouira, "malgré l’opposition des parents et des époux - pour des raisons sociales et économiques" les coopératives féminines vont se développer et on en compte aujourd’hui plusieurs dizaines qui produisent l‘huile d‘argan et ses dérivés. Pour faciliter le travail des femmes et améliorer le rendement des « techniques mécaniques » sont de plus en plus adoptées. Le Maroc choisit souvent l’exemple de ces coopératives féminines pour illustrer les évolutions de la société ou la femme jouerait un autre rôle que celui d‘épouse et de mère. |
Dans la province d'Essaouira, l'arganier couvre une superficie de
136.420 ha générant une production de 70.000 tonnes de fruits
d'argan et 2.000 tonnes d'huile. La province compte 22 coopératives
féminines et un groupement d'intérêt économique pour la production
et la commercialisation de l'huile d'argan. |
||
![]() |
|||
|
Pour la production d'huile alimentaire les amandons sont grillés avant d'être broyés ce qui donne à l'huile une odeur et un goût si particulièr. |
|||
|
En 1999, l'UNESCO a reconnu et classé l'arganier comme patrimoine forestier mondial de l’humanité mais le nombre d’arbres ne cesse de diminuer (construction, combustible, agriculture). Des spécialistes estime que la ressource est en danger tandis qu’un comité had hoc tente de faire interdire les exportations de grains d'arganier…Pour se protéger contre l’huile d’argan « made in China » ? |
![]() |
Les dromadaires et les chèvres se régalent des jeunes pousses des
arganiers. Grimpées dans les arbres elles rapportent quelques dirhams aux
gardiens de troupeaux, "pour la photo". Avec les pousses les chèvres avalent aussi les fruits que l’on retrouvent
à terre après
digestion. |
Août 2008 - L’huile d’argan et ses dérivés sont devenus des produits très recherchés. Dans la médina d'Essaouira les boutiques se multiplient et dans les campagnes les coopératives de production également. Toutes ne respecteraient pas les règles coopératives et ne seraient en fait que des entreprises "ordinaires" s’attribuant l’appellation dans le seul but de mettre en confiance les touristes. Ce ne sera pas le cas à Takoutcht dans la province d’Essaouira ou le projet d’une coopérative féminine de production d’huile d’argan biologique aux normes européennes vient d’être lancé lors d’une cérémonie présidée par André Azoulay conseiller de sa Majesté et Président de la Fondation Mohamed VI pour la recherche et la sauvegarde de l’arganier. C’est le groupe français "Batteur" (pharmacie et cosmétique) qui par l’intermédiaire de sa Fondation financera la construction du bâtiment de production incluant une salle d’alphabétisation et une crèche pour les enfants des 53 femmes associées dans cette coopérative Agdal, une réponse concrète et rapide à la population la plus démunie, a précisé M.Azoulay. |
||||
|
|
||||